Historique de Schefferville

La ville de Schefferville, nommée en l'honneur de Mgr Scheffer, se trouve au coeur de la péninsule du Labrador, à 320 milles au nord du port de Sept-Iles. Sise à 54°49' de latitude nord et à 66° 50' de longitude ouest, entre les lacs Knob et Pearce dans la province de Québec.
La construction de la ville débuta tard en 1953 mais ce n'est qu'au printemps de 1954, après que le chemin de fer du Quebec North Shore and Labrador Railway eut été terminé, que les travaux furent entrepris sur une grande échelle. Le gros de la construction s'étala sur une durée de sept ans.
La ville fut incorporée en 1955 en vertu de la loi sur l'organisation municipale des villages miniers.
Le plan d'aménagement de la ville fut conçu par le service technique de l' Iron Ore Company of Canada, aidé et guidé par le Ministère des Mines du Québec. On réserva une grande étendue au centre de la ville pour la construction éventuelle d'écoles et d'églises, ainsi qu'un autre secteur pour le quartier des affaires.
Le quartier résidentiel de la ville comptait environ 670 habitations familiales permanentes en 18 modèles différents, à partir du bungalow à l'habitation à quatre logements. De plus, un parc de maisons mobiles a été aménagé et on y comptait environ 125 unités. Le parc des roulottes n'existe plus, de même, les rues Sunny, Barney, Eclipse et tous les rues à partir du centre récréatif vers la réserve ont été rasées. L'endroit ou était érigées ces maisons furent remplacées par des fleurs de pavot.
En 1975, un programme a été lancé pour ajouter 236 garconnières, à louer aux employés qui vivaient dans les logements pour ouvriers. Les rues, bordées de trottoir de béton, étaient pavées, et un peu partout l'on y trouvait jardins, pelouses et arbustes.
En 1972, une nouvelle réserve de 106 habitations fût construite à Schefferville, pour remplacer celle sise un peu à l'extérieur de la ville, foyer de quelque 800 indiens Montagnais et Naskapi.
Au centre de la ville se dressaient trois églises et trois écoles modernes. Les églises catholique, anglicane, et unie desservaient le culte, tandis que deux écoles catholiques et une école protestante pourvoyaient à l'instruction des nombreux enfants. L'école Notre Dame existe toujours mais elle a été renommée Kanatamat Tshitipetitamunu par les montagnais de l'endroit. L'église catholique a été détruite. Le culte s'exerce maintenant dans une petite chapelle.
Le quartier des affaires comportait deux institutions bancaires, un cinéma, deux hôtels, des restaurants, une ferronnerie, des stations-service et des magasins-épiceries. Plusieurs boutiques de marchands de journaux, de coiffeurs, de bijoutiers, de vêtements pour hommes et dames, de buanderie et autres étaient groupées dans deux édifices commerciaux. Un hôtel de ville, incluant un poste de police et le service des incendies, et un bureau fédéral des postes sont aussi situés dans ce secteur. Les institutions bancaires, le cinéma, un hôtel, la ferronnerie, les boutiques de vêtements font maintenant partis du passé. Ils ont été détruites lors de la fermeture des mines. Seul subsiste un magasin regoupant vêtements et épicerie au même endroit, soit l'ancienne "la Compagnie de la Baie d'hudson" qui fut achetée par la "Northen", compagnie à capitaux manitobain. Le service bancaire est maintenant assuré par la tabagie Porlier équipée d'un terminal bancaire. L'épicerie connue sous le nom de Provigain à depuis été retransformée en moitié garage moitié restaurant.
Un hôpital moderne de 33 lits, construit en 1960, avait deux médecins à la disposition de la population. Aujourd'hui, l'hôpital n'existe plus, elle a été remplacée par ce qui était autrefois une résidence privée.
Les compagnies d'aviation relient quotidiennement Schefferville aux autres centres. La section de l' Aviation de Quebec North Shore & Labrador Railway desserva le personnel de la compagnie jusqu'en 1982.
Le train des voyageurs de Quebec North Shore & Labrador Railway s'y rend de Sept-Iles une fois par semaine. Le trajet de 360 milles prend environ douze heures.
On avait centralisé sous un même toit toutes les installations pour la récréation et le sport, soit l'aréna, le centre récréatif, le centre culturel et le gymnase. L'aréna, à glace artificielle, offre des divertissements 8 mois par année: hockey, patinage et ballon-balai. Il peut aussi être utilisé pour des sports en salle durant l'été. Dans le centre récréatif, il y avait une piscine aux dimensions olympiques, quatres allées de quilles, trois pistes de curling, une bibliothèque et une salle de conférences. La société culturelle de Schefferville était formée de personnes dont le but était d'encourager les arts en général et le centre culturel leur procurait les enseignants et les ateliers (peinture, sculture, théatre, photographie et artisanat). Le centre culturel et récréatif n'existent plus, il ne reste que l'aréna.
Les champs extérieurs comprennent un terrain de baseball, un terrain de soccer ainsi qu'un terrain de balle rapide. Les plus jeunes peuvent également profiter d'un terrain de jeux équipé de différents articles durant la saison estivale.
À 3 milles du centre ville, une colline pour le ski fût aménagée pour les fervents de ce sport et un monte-pente du style "Poma-Lift" d'une longueur de plus de 2,000 pieds était à la disposition des skieurs. La station hivernale avait aussi une piste de 10 km pour le ski de randonnée. La station de ski est aujourd'hui fermée.
En 1976, Schefferville fut l'hôte des jeux d'hiver de l'Artique: compétition sportive qui groupa plus de 1,000 athlètes du Yukon, de l'Alaska, des Territoires du Nord-Ouest et du Nord du Québec.
Environ 4,500 personnes habitaient Schefferville avant 1981. Quinze ans plus tard, la population avait fondu à 280 résidents permanents, en très grande majorité, autochtones.
Pour en savoir davantage sur le peuple autochtone de Schefferville je vous invite à consulter le site de la réserve de Matimekosh et celle de la réserve des Naskapis. Ces pages vous expliqueront en détail la structure organisationnelle de ces réserves.